L'AFFICHE DE CINÉMA

QUAND LE FILM
S'AFFICHE EN GRAND

Avant la salle, avant le générique, il y a l'affiche. Placardée sur la façade, elle est la première image du film — sa promesse. Nulle part le grand format n'a autant de sens qu'au cinéma.

Pourquoi si grand ?

Parce que l'affiche de cinéma ne se contente pas d'informer : elle doit faire rêver, arrêter le passant, transformer un trottoir en entrée de salle obscure. Le grand format donne au visage d'une star, à une scène-clé, à un titre, la présence d'une fresque. Sur la façade des cinémas d'autrefois, des affiches monumentales — parfois peintes à la main — annonçaient le programme comme un événement.

Cette échelle crée le désir. Elle fait aussi de l'affiche un objet de collection : dès la Belle Époque, on décroche les affiches la nuit pour les conserver.

Les formats de l'affiche de cinéma

120 × 160
La « grande » — format standard des halls
40 × 60
La « petite » — vitrines et collection
160 × 240
Le « double panneau » — portrait
320 × 240
Les « 4 panneaux » — la façade

Formats français traditionnels, en centimètres. Les grands formats étaient imprimés en plusieurs lés assemblés sur le mur.

COMMENT ON LA FABRIQUE

De la gouache au grand tirage

Longtemps, l'affiche de film naissait sous le pinceau d'un illustrateur. En France, des maîtres comme René Péron, Roger Soubie, Boris Grinsson, Clément Hurel ou Jean Mascii peignaient des gouaches que l'on reproduisait ensuite par photolithographie, puis en offset.

Aujourd'hui, la chaîne est numérique : montage photo haute définition, calibration des couleurs, puis impression grand format sur des machines à jet d'encre capables de couvrir plusieurs mètres de laize — le même savoir-faire qui sert l'affiche publicitaire et décorative.

LA NUIT
GRAND FILM
CINÉMA · MCMLXII