Lettrage
Le lettrage : le dessin des lettres, au cœur du métier de l'affichiste ; avant la photocomposition, le texte de l'affiche était tracé à la main.
Le lettrage désigne le dessin des lettres, c'est-à-dire le tracé des caractères conçus spécifiquement pour une composition plutôt que choisis dans une police existante. Sur une affiche, il ne s'agit pas seulement d'écrire un texte : il s'agit de lui donner une forme, une couleur et un poids qui s'accordent à l'image. Le lettrage est en cela au cœur du métier de l'affichiste.
Un texte dessiné à la main
Avant l'apparition de la photocomposition puis de la typographie numérique, le texte de l'affiche était le plus souvent dessiné à la main. L'artiste traçait chaque mot directement sur la maquette ou sur la pierre lithographique, ajustant l'empattement, l'inclinaison et l'espacement au millimètre. Cette pratique explique la personnalité graphique des affiches anciennes : le titre n'y est jamais un simple sous-titre plaqué, mais une forme pleinement intégrée à la composition, au même titre qu'une figure ou un aplat. Le choix d'une capitale large ou d'une italique penchée, d'un contour ou d'une ombre portée, participe pleinement du sens et de l'émotion transmis par l'affiche.
Le lettrage varie selon les styles. À la Belle Époque et sous l'Art nouveau, il épouse les arabesques du décor, souples et végétales. Avec l'Art déco, il devient géométrique, monumental, presque architectural : chez Cassandre, les lettres se construisent sur une grille, en écho aux formes de l'image.
Il faut distinguer le lettrage de la typographie proprement dite : la typographie manipule des caractères préexistants et normalisés, tandis que le lettrage crée des lettres uniques, dessinées pour un usage donné. Aujourd'hui encore, le lettrage manuel connaît un renouveau, prisé pour ce qu'il apporte d'irremplaçable : la trace d'une main, l'exacte justesse d'un mot pensé comme une image. C'est l'un des savoir-faire que retrace notre histoire de l'affiche.