Lithographie
La lithographie, impression à plat inventée en 1796 par Senefelder, fondée sur la répulsion de l'eau et du gras : berceau de l'affiche illustrée.
La lithographie est un procédé d'impression à plat inventé en 1796 par l'écrivain et dramaturge bavarois Alois Senefelder. Son principe repose sur une intuition d'une élégance chimique : l'eau et le corps gras se repoussent. L'image est dessinée à l'encre grasse sur une pierre calcaire poreuse, laquelle est ensuite humidifiée puis encrée. L'encre d'impression n'adhère qu'aux zones dessinées, tandis que les surfaces humides la rejettent. Contrairement à la typographie en relief ou à la taille-douce en creux, rien ne saille ni ne s'enfonce : le report se fait depuis une surface parfaitement plane, d'où le nom de procédé « à plat ».
Le berceau de l'affiche moderne
Cette liberté de tracé fut une révolution pour les artistes. La pierre accueille aussi bien le trait fin de la plume que le lavis, le crayon gras ou le grattage : le dessinateur retrouve directement son geste, sans l'intermédiaire d'un graveur. C'est pourquoi la lithographie devient, au XIXe siècle, la matrice de l'affiche illustrée. Jules Chéret, formé à Londres, en fait le support de ses placards colorés dès les années 1860 ; Toulouse-Lautrec, Mucha ou Steinlen lui donneront ses lettres de noblesse durant la Belle Époque. L'affiche cesse d'être un simple avis imprimé pour devenir une œuvre d'art à part entière, collée sur les murs de la ville.
Techniquement, la lithographie prépare deux prolongements majeurs. Traitée en couleurs, elle devient la chromolithographie, avec une pierre par teinte. Industrialisée et transposée sur plaque métallique souple, elle donne naissance à l'offset, qui domine l'impression du XXe siècle. Aujourd'hui encore, la lithographie survivante est cultivée par les ateliers d'art pour le tirage d'estampes originales, prisées des collectionneurs pour la profondeur et le velouté de leurs aplats, impossibles à confondre avec une reproduction numérique.