Offset
L'offset, procédé industriel où l'encre passe de la plaque à un blanchet caoutchouc avant le papier : le roi des grands tirages d'affiches du XXe siècle.
L'offset est le procédé d'impression industriel qui a régné sur le XXe siècle et reste, aujourd'hui, la référence des grands tirages sur papier. Son nom vient de l'anglais to set off, « reporter » : contrairement à l'impression directe, l'encre ne passe pas de la plaque au papier, mais transite par un cylindre intermédiaire habillé d'un blanchet en caoutchouc. La plaque encre le blanchet, qui à son tour dépose l'image sur la feuille. Ce report élastique épouse les moindres grains du papier et autorise des cadences considérables sans user la forme imprimante.
L'héritier industriel de la pierre
L'offset descend directement de la lithographie : il en conserve le principe chimique de répulsion entre l'eau et le corps gras, mais remplace la lourde pierre calcaire par une fine plaque d'aluminium souple enroulée sur un cylindre. Mis au point au début du XXe siècle, notamment par Ira Rubel vers 1904 qui observa l'avantage du report caoutchouc, il rendit la chromolithographie obsolète pour la production de masse. En quadrichromie, il superpose cyan, magenta, jaune et noir pour restituer toute la palette à partir de quatre plaques seulement, là où la pierre couleur en exigeait des dizaines.
L'offset excelle dès que la quantité justifie le calage des plaques : affiches, magazines, catalogues, emballages en profitent pour leur finesse de trame et leur coût unitaire dégressif. Sa limite tient précisément à ce calage, peu rentable pour les très petites séries ou les pièces uniques. Pour celles-ci, on lui préfère la sérigraphie ou, désormais, l'impression numérique, qui a repris à l'offset une part croissante du très grand format. Pour comprendre où il s'insère dans la chaîne de fabrication d'une affiche, il reste néanmoins un maillon central et éprouvé.